J’ai voulu voir la dernière demeure d’Albert Camus, avant l’anniversaire de sa mort

le 07 décembre 2009 par admin

Dernière semaine de novembre 2009. Mardi. Le ciel est gris, comme le jour où Camus est arrivé à Lourmarin, mais il ne pleut pas, plutôt une brume, comme c’est souvent le cas en Algérie. J’ai essayé de prendre contact avec Catherine, sa fille, à Lourmarin. J’avais oublié que je n’étais pas seul au monde. Je suis tombé sur son répondeur dès que j’ai composé son numéro. Je comprends qu’elle ne m’ait jamais rappelé, mais j’avais rêvé. Dès que j’ai vu Lourmarin, j’ai compris qu’Albert Camus ait eu envie d’habiter ce village qui lui rappelait son Algérie natale. Il avait déjà été pensionnaire au chateau pour écrire avec d’autres écrivains, invité par sa Fondation. J’ai donc vu la façade de sa maison que lui avait recommandée son ami poète René Char. Albert voulait y faire venir un jour sa mère. Comme j’avais déjà vu le numéro du Nouvel Observateur consacré à Albert Camus, j’ai tout de suite reconnu sa fille à travers sa fenêtre. Comme elle n’a ni sonnette, ni boîte aux lettres, le facteur a tapé à sa fenêtre. J’ai entendu un chien, aperçu un chat à la fenêtre. Les animaux sont toujours là. Camus avait la passion des chats. Le facteur lui a donné son courrier. J’aurais voulu lui parler, mais j’ai préféré respecter son intimité. Elle doit être très sollicitée à l’approche de l’anniversaire du décès de son père en janvier prochain. Je suis allé visiter le chateau où il avait écrit. De sa terrasse j’ai pu contempler le « village des trois clochers » aux toits de tuiles brunes sur un promontoire et apercevoir au loin sur ma gauche le terrain de football où Albert avait l’habitude d’assister à l’entraînement des jeunes footballers. N’avait-il pas pratiqué ce jeu réservé aux pauvres dans sa jeunesse ? Ce jour-là, le 3 janvier 1960, il quittait ce village provençal sans enthousiasme pour rejoindre Paris, une ville qu’il n’aimait pas, où il se sentait lui-même étranger, surtout en présence de la bourgeoisie. Il ne devait jamais y revenir. Avait-il un pressentiment ? Il avait laissé partir sa femme et ses enfants par le train. Lui devait voyager dans la Facel Vega de Michel Gallimard, son éditeur, qui allait s’écraser contre un platane le lendemain sur une route de l’Yonne. Il n’avait pas fini d’écrire « Le Premier Homme »… Mektoub., si c’est pas un malheur ! A son âge se tuer en voiture !…Je vous recommande de lire le livre de José Lenzini « Les Derniers Jours de la vie d’Albert Camus paru aux Editions « Actes Sud ». Je suis allé ensuite au cimetière de Lourmarin voir la tombe toute simple d’Albert Camus, à côté de celle de sa femme, Francine.

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