Extrait

le 20 juin 2009 par admin

APERCU SUR L’HISTOIRE DE L’IRAK

Notre civilisation occidentale actuelle plonge en partie ses racines dans la civilisation de l’antique Mésopotamie vieille de plus de 5000 ans, dont est issu l’Irak moderne. Le mot Irak qui signifie  » plat pays  » ne fut choisi par son gouvernement qu’en 1921.

Les plus anciens documents écrits de notre civilisation datent de Sumer. Le mot Mésopotamie voulait dire la  » terre-entre-les-fleuves « . C’est là que sont nés le monothéisme (Abraham), l’agriculture et l’écriture, c’est à dire bien avant que les Indiens ne partagent les grandes plaines américaines avec les bisons d’Amérique ou que les ancêtres des Américains actuels, de peuvres immigrants européens, ne viennent occuper les terres de ces indiens. Babylone est déjà vers – 2000 un grand centre intellectuel où l’on étudie les mathématiques, la géométrie, la mythologie et la divination.

Héritière culturelle de Sumer, l’Assyrie s’impose comme la première puissance militaire au début du premier millénaire avant notre ère. Les Assyriens s’emparent avec violence de Damas et de Jérusalem. Pourtant le roi Assubanipal constitue une bibliothèque à Ninive, qui rassemblait toutes les œuvres littéraires et scientifiques connues de son temps, dont le récit du déluge. Suivent les Babyloniens. Babylone redevient sous Nabuchodonosor II la capitale de la Mésopotamie. Avec 100 000 habitants, c’est déjà la capitale politique, culturelle et commerciale de l’Orient ancien. L’empereur perse, Cyrus II le Grand voulut faire de Babylone la capitale de son vaste emprire, comme le fit plus tard Alexande le Grand, envers lequel cette ville, l’une des merveilles du monde, continua d’exercer la même fascination. Elle compta jusqu’à 600 000 habitants. Cependant au fil des conquêtes, elle n’en finit pas de mourir et de renaître.

Lors de la conquête arabe le général Khald Ibn al – Walid bat une armée perse forte de 100 000 hommes à la bataille de Qâdisiyya sur l’Euphrate en l’an 637. L’islam s’impose en Irak. L’installation de groupes arabes en provenance de la péninsule dont les fameux bédouins du désert facilite l’arabisation en Irak, comme en Syrie et en Egypte, alors que l’araméen était encore parlé dans tout le Moyen-Orient. L’Irak subit le pouvoir de la dynastie des Omeyades installée à Damas, alors que la dynastie arabe suivante, le califat abbasside de Al Mansur fonde Bagdad en 762. Celle-ci devient la capitale culturelle sous Al Maamum, protecteur éclairé des savants et artistes (contes populaires des Mille et une Nuits) et au X° siècle la plus grande ville du monde (elle compte alors un millions d’habitants). A l’apogée de la dynastie abbasside sous Harun Al-Rachid, Bagdad est le centre d’un empire brillant. Elle a alors supplanté les deux autres capitales arabes qui seront toujours ses rivales, Damas et Le Caire. L’Irak connaît ensuite une période de décadence, ruiné par l’invasion des barbares mongols, puis occupé pendant plusieurs siècles par les Ottomans dont les règles de l’administration ont cependant été un facteur de cohésion sociale.

L’intérêt de la Grande-Bretagne pour l’Irak remonte à l’époque de la Compagnie des Indes. Les Anglais contrôlant la route sud vers l’Inde, via la Mer Rouge, et la route nord par l’Afghanistan, il leur manquait encore celle qui passait par Bagdad. Ils ouvrirent un centre de commerce déjà au 17° siècle à Bassorah. La pénétration du pays s’intensifia quand ils commencèrent à s’intéresser au pétrole…

(in La guerre en Irak : pourquoi ? Essai/Reportage/Investigation, Editions Manuscrit.com, Paris, 2003)

| Posté dans Opus 3 : La guerre en Irak : pourquoi ?

Comments are closed.